Tournée générale au Spermbar

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

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L'artiste plasticienne Pune NOURRY

5e Avenue New York, 17 septembre 2011

Avec son “bar de sperme”, qui évoque les banques de sperme où l’on choisit un donneur, l’artiste française caricature la logique du marché de la procréation. Les clients peuvent aujourd’hui composer un individu – un enfant – comme ils composent un cocktail de fruits.

 

A l’occasion du festival Crossing the Line à l’Alliance française, Prune NOURRY fait descendre dans la rue une banque de sperme d’un nouveau genre. Planté au bord de la 5e Avenue, près d’une entrée de Central Park, le chariot a tout d’un “Food cart” traditionnel, ces échoppes ambulantes qui vendent des hot-dogs, pizzas ou bagels aux New-yorkais pressés. Sauf que celui-ci porte un nom évocateur: le Spermbar. Assez provocant pour que les promeneurs s’arrêtent, interloqués, devant le véhicule où des “lab-assistants” en tenue hospitalière leur expliquent le projet. Munis d’une tablette tactile, ils proposent aux passants de sélectionner un donneur. Chaque caractéristique physique correspond à un ingrédient qui compose un jus de fruits, servi ensuite dans un tube à essai pour la modique somme de 2 dollars. Dans la réalité, l’achat de sperme aux Etats-Unis peut atteindre 400 dollars, et les informations disponibles sur le donneur potentiel sont quasiment infinies. Une marchandisation de la procréation que dénonce habilement le “Spermbar project”. “Je ne suis pas touchée personnellement, mais il y a une controverse récente à propos de donneurs qui peuvent avoir jusqu’à 150 enfants!” lance Lucy, 22 ans. “Une amie lesbienne voulait que sa fille rencontre l’homme qui a donné son sperme, raconte Enrique, Californien en visite à New York. Il est à l’origine d’une vingtaine de naissances et ces enfants se voient régulièrement.” Prune NOURRY est une artiste qui met son talent et la provocation au service de l’éthique. “J’ai voulu faire vivre à un public plus large l’expérience du “Dîner procréatif”*. Je pensais susciter plus de réactions négatives, mais la plupart des gens étaient amusés, intéressés.” “Brillant! s’exclame Susan, médecin psychiatre, un tube à essai à la main, lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense du projet. Aujourd’hui, le marché de la procréation pose un problème éthique: comment peut-on penser qu’il est possible de choisir son futur enfant sur catalogue?” D’autres rues new-yorkaises accueilleront le Spermbar dans les prochains mois. Au moment où l’on parle tant de régulation, Prune NOURRY, à sa manière artistique et provocatrice, interpelle le public pour réformer le système bancaire du don de sperme.

 

*Œuvre éphémère de Prune NOURRY, entre art, science et gastronomie

 

Lauriane David

 

 

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Le Buffet de la Gare est fermé

Jusqu’ au 01 janvier 2012

 

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Toute l’équipe vous souhaite

de bonnes vacances de fin d’année

 

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Horloge humaine pour les fêtes de Noël à Long Beach, Californie, 1932

 

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Réouverture lundi 02 janvier 2012

 

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Publié dans Décembre 2011

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