Tendre est l’Afrique

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

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Photographie  Nick BRANDT

Portrait d’un groupe de buffles, Amboseli, Kenya 2006

 

« L’Afrique au crépuscule » est le dernier opus, strictement noir et blanc, de Nick BRANDT, un jeune photographe anglais. Des ombres sinistres – la désertification, la sécheresse, la pauvreté, le braconnage, les guerres – pèsent sur l’avenir de l’Afrique de l’Est, la terre qu’a choisie BRANDT pour s’affirmer en tant qu’artiste, et surtout en tant qu’homme. Ce Londonien de naissance exilé en Californie, arpente les grandes plaines piquées d’acacias entre Kenya et Tanzanie. Pour célébrer la beauté d’un monde en train de disparaître, l’Afrique immémoriale.

 

Lorsqu'il photographie les éléphants, les girafes, les zèbres, les lions... Nick BRANDT veille à ce qu’ils soient au mieux de leur forme, de leur être profond. Et il s’approche de plus en plus près, jusqu’à respirer leur odeur, partager leur intimité. Depuis le début de sa carrière, il se refuse à utiliser des longues focales : « On ne fait pas le portrait d’un être humain au téléobjectif en imaginant rendre un peu de son âme. » Alors, BRANDT attend, des heures, des jours, des semaines. Il avoue qu’il y puise une exceptionnelle quiétude.

 

Nick BRANDT rêve d’un monde réconcilié : « A mes yeux, toutes les créatures de cette planète ont le droit de vivre à égalité – humains, éléphants du Serengeti ou vaches de l’élevage industriel. C’est la raison pour laquelle je prends ces photographies. J’espère que vous verrez ces animaux, ces non humains, comme je les vois, c’est-à-dire pas très différents de nous. » Pas de détail documentaire, très très peu de violence, ou d’action, dans les photos de cet artiste inspiré par ses maîtres Richard Avedon et Yousuf Karsh. Ses sujets apparaissent apaisés. BRANDT dit qu’il leur tire le portrait comme il le ferait avec des êtres humains. Pour capturer leur force de vie, leur esprit.

 

L’Afrique au crépuscule, Nick BRANDT

Editions de La Martinière

 

Publié dans Mai 2010

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