Réminiscence

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

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Photographie Philippe Leroux

Série Réminiscence

 

Philippe Leroux vit et travaille à Marseille. Ses travaux sont principalement consacrés à la photographie de famille. Dans le cadre d’un projet baptisé « Réminiscence », il invente une écriture photographique qui dialogue avec la mémoire, joue avec le temps. Il établit une procédure qui réunit ses photos et celles des autres en une histoire qui se poursuit, jamais figée. Ses œuvres sont présentées et diffusées en France et à l’étranger.

Parallèlement il réalise de nombreuses commandes pour la presse et l’édition en région PACA depuis 1987.

 

 

Au début la pratique s'est installée indépendamment de ma volonté, faire des images de ma famille, simplement, comme beaucoup, sans projet esthétique particulier.

Dans cette exécution répétée, l'acte photographique s'est transformé, le processus a évolué pour aller vers un travail spécifique, intimement lié à la photographie de famille.

Ces photographies semblaient être le fruit d'une expression privée, intimement associée à mon seul territoire, à ma propre famille, à mon histoire personnelle.

Avant tout, elles participaient à la construction d'une mémoire collective familiale. Le temps est disparition du passé et inexistence de l'avenir, de cette loi, l'album de famille répond par sa merveilleuse objectivation du temps vécu. Les cycles de la vie trouvent leur place dans l'album, ils s'inscrivent dans des histoires multiples.

Je photographie les miens, ma famille pour être dans ce mouvement perpétuel, pour ne pas figer l'instant, pour échapper à un immobilisme calendaire.

Réminiscence est née d'un double constat:

Premier constat.

Naturellement, la photographie de famille porte en elle ses propres procédures, une forme de "plastique involontaire". Elle crée quotidiennement des échanges (anniversaires, naissances, vacances, rencontres, départs, etc.), dans des géographies partagées. Elle crée de l'intérieur des multitudes d'histoires, de tragédies, de chorégraphies. Elle est le théâtre dans lequel s'exprime une infinie quantité de drames et de sentiments. Ici les dialogues ne sont pas joués, ils ne sont pas le résultat d'un travail, d'une mise en scène, d'une procédure, les installations ne sont pas le fruit d'une démarche, elles occupent l'espace sans intention artistique volontaire.

Deuxième constat.

Les savoir faire, les démarches expérimentales, les formes expressives et les écritures photographiques, échouent dans leur tentative de recréer "une proximité" propre à la photo de famille, elles s'en approchent, mais sans se défaire d'une distance et d'un recul qui porte la trace, l'empreinte d'un acte photographique fruit d'un choix esthétique et d'une procédure argumentée.

Réminiscence pose la question de la photographie de famille comme moyen d'expression universel.

La photographie de famille s'émancipe des "lois" et des "genres", elle les dépasse, les transcende, elle se défait des signes temporels, des procédés et techniques, pour mieux acquérir sa propre autonomie.

Réminiscence n'est pas un projet esthétique dans une œuvre, c'est une histoire qui se poursuit depuis longtemps, qui s'enrichit, qui commence.

 

 

Publié dans Octobre 2011

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