Mettre sur pellicule ce que je voyais

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

 Gabor Szilasi

 

 

Photographie Gabor SZILASI

Motocyclistes au Lac Balaton, Hungary, Hongrie 1954.

 

« Quand les gens me demandent comment j’ai commencé à faire de la photo, je n’ai pas une belle histoire à raconter comme beaucoup d’artistes, photographes, peintres, écrivains en disant que tel et tel archange m’apparut dans mes rêves en me disant : “ Gabor SZILASI ! Va, achète un Leica et tu vas devenir un grand photographe.” Il n’y a pas d’histoire comme ça, je sentais simplement le besoin de faire de la photo, de mettre sur pellicule ce que je voyais. Et j’ai commencé à travailler. »

Gabor SZILASI, 1979

 

« Mes photographies ont pour véritable sujet la vie quotidienne et surtout des personnes dans leur milieu, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur; cela m’a toujours fasciné. J’aime voir comment tout change, comment tout est soumis à un courant perpétuel… On sait que les enseignes sont remplacées et que les bâtiments sont démolis pour faire place à d’autres. Il en va de même pour les personnes. Si vous entrez à l’intérieur d’un bâtiment et que vous prenez une photo, n’espérez pas répéter exactement la même scène le lendemain. Il se peut qu’un seul objet ait été déplacé, mais le fait est que tout change constamment et c’est justement ce qui me passionne. C’est aussi la raison pour laquelle je m’intéresse au documentaire à caractère social. »

Gabor SZILASI, 2008

 

« Tout est en changement perpétuel autour de nous : ce que ma caméra capte présentement fait déjà partie du passé. C’est pour cette raison qu’il m’importe de fixer par la photographie le monde tel qu’il m’apparaît maintenant. Ce n’est pas le passé ni le futur qui m’intéressent : c’est le présent. Par l’image photographique, je peux fixer d’une façon directe les signes du passé et/ou du futur tels qu’ils se manifestent dans le moment présent. »

Gabor SZILASI ,1977

 

 

Gabor SZILASI  est né le 3 février 1928 à Budapest, en Hongrie.

Il est un photographe documentariste reconnu pour sa vision humanitaire. Sa fascination pour la vie quotidienne l’a amené à rechercher des images qui trahissent la présence humaine, qu’il s’agisse de portraits, de scènes d’intérieur, d’architecture régionale ou de paysages urbains.

SZILASI avait vingt-neuf ans le jour où lui et son père arrivèrent à Halifax en tant qu’immigrants fuyant la Hongrie en 1957. Deux ans plus tard, il s’installe à Montréal, où il vit toujours.

Il s’intéresse d’abord à la photographie pictorialiste européenne alors qu’il est encore à Budapest, mais, depuis son arrivée au Québec, son travail se trouve alimenté par une foi inébranlable en la valeur documentaire du médium photographique. Conformément à l’usage en matière documentaire, son intérêt se concentre sur le sujet de la photographie, sur sa présentation et sa compréhension parfaitement claires. Le point de vue de Gabor SZILASI demeure celui du regard extérieur, de quelqu’un dont la sensibilité et la perspective européennes lui permettent de tempérer le formalisme par de la sympathie et de produire des photographies irrésistibles empreintes d’un sentiment de profonde compassion.

SZILASI a créé de remarquables images du Québec et de l’Europe – des paysages de villes et de villages, des vues architecturales et des portraits d’ambiance, un genre dans lequel le décor joue un rôle de premier plan. La valeur culturelle et historique de son oeuvre réside non seulement dans l’éloquence de chaque image prise individuellement, mais aussi dans la documentation cumulative qu’elles offrent.

 

David Harris

 

Publié dans Mai 2010

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