Meal of friends

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

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Peinture Charley Toorop

Meal of friends, 1933

 

Ses portraits d’amis, comme ses autoportraits, ses natures mortes ou ses rares paysages ont tous un point commun : ils vous heurtent de front, vous font face de manière presque brutale. Foncièrement réaliste, Charley Toorop (1891-1955) pratique une peinture proche du fauvisme par les couleurs, et de l’expressionnisme par le trait (elle tournera ensuite le dos à l’expressionnisme à partir de 1927). Imprégnée d’une grande sensibilité sociale, cette artiste peint avec sa fibre humaniste des sujets humbles, des gens des rues et des cafés, des prostitués, la vie urbaine, dans des cadrages toujours très serrés et fait montre d’une totale ouverture d’esprit. Amie et collectionneuse de Piet Mondrian, de Gerrit Rietveld ou de Bart van der Leck, elle soutient le cinéma d’avant-garde, avec Joris Ivens, aussi bien qu’elle influence les jeunes artistes du réalisme magique comme Pyke Koch. Fille du grand peintre symboliste hollandais Jan Toorop, elle est également la mère d’Edgar Fernhout qui, de peintre figuratif deviendra, après guerre, l’un des principaux représentants de la nouvelle abstraction en Hollande. Par son refus de collaborer durant l’occupation, Charley Toorop après-guerre fera figure d’autorité morale. Elle continuera à peindre même diminuée après une attaque d’apoplexie, produisant en 1954-55 un ultime et prémonitoire Autoportrait, où elle se présente exceptionnellement de trois-quarts, sur fond de rideau noir.

 

Catherine Rigollet

 

Publié dans Janvier 2012

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