Les rues de Liverpool

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

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Photographie Tom WOOD

«New Brighton Merseyside», 1980-1984 (série People).

 

Le photographe Tom Wood a arpenté pendant près de trente ans, les rues de Liverpool. Salué par son ami Martin Parr comme un «génie méconnu de la photographie britannique», Tom Wood n’a été exposé que trois fois en France, quelque peu oublié au profit de son compatriote, devenu la star que l'on connaît – un peu trop. Pendant un peu plus de trente ans, l'Irlandais Tom Wood – il est né en 1951 – a vécu à Liverpool, sa ville d’adoption. Durant toutes ces années, elle a été son studio en plein air. Pourtant, Wood ne se veut ni documentariste ni photojournaliste. Surnommé «Photie Man» («le type à l’appareil photo») par les gens de la rue, Tom Wood fait partie intégrante de la ville dont il photographie tous les coins et recoins, les modes, les habitants et passants, ses marchés, ses bars, ses boîtes ou encore ses usines à l'abandon. Il saisit ce qu’il voit, ce qu’il entend et rencontre. Ses clichés, en noir et blanc ou en couleur, en ont immortalisé les changements et les mutations, des années 70 à nos jours. Avec Parr, Chris Killip et quelques autres de la même génération, il a contribué au développement de la photographie sociale en Angleterre, dans le sillage de la révolte punk et des années Thatcher. Tout comme Ken Loach dans son cinéma engagé. Baptisée «1978-2003, les années Liverpool» (1), l’exposition revient sur cette période. Ses images, prises pour la plupart au Leica, mettent en lumière la complicité qu’il entretient avec ses sujets. Comme l'explique Gilles Verneret dans la préface du catalogue (2), «les gens posent pour lui en fixant l'objectif. Parfois il pénètre leur cadre privé et les contextualise dans leurs us et coutumes. Parfois aussi les femmes se déshabillent pour afficher une nudité touchante», dans tous les cas, «il s'agit toujours d'un vol consenti». Il est l’un des leurs et il se fond dans le décor, parmi eux. Ainsi se côtoient des hommes et des femmes : la matière vivante de ses images. Ce qui intéresse Tom Wood, ce sont les personnes dans ce qu’elles ont de «simplement humains». Aujourd’hui, le «Photie Man» a finalement gagné ses lettres de noblesse auprès des grands musées (Moma et ICP à NY, Victoria & Albert Museum à Londres…). Martin Parr, doit être probablement fier de savoir que son ami Tom Wood est enfin un «type» reconnu.

(1) Galerie Sit Down

(2) «F/M (Female / Male), Tom Wood Editions deux-cent-cinq. Cet ouvrage a été publié à l'occasion de l'exposition «Men and women» à la galerie le Bleu du ciel, à Lyon et des expositions programmées à la Galerie SIT DOWN à Paris et The Gallery of photography à Dublin.

Dominique POIRET

1978-2003, les années Liverpool de Tom WOOD

Galerie Sit Down, 4 rue Sainte Anastase 75003 PARIS

Jusqu’au 19 Janvier 2012

 

Publié dans Novembre 2011

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