Les républicains espagnols

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

Le-Capa-espagnol.JPG

 

 

Photographie Agusti CENTELLES

Famille de républicains, Barcelone, 25 juillet 1936

 

Agustí CENTELLES photographe catalan né à Valence dans le Levente, Espagne, en 1909, mort à Barcelone en 1985. C'est de cinéma dont rêvait Agusti CENTELLES dans sa jeunesse. Avant d'opter pour la photographie. En achetant un Leica dès 1934, il devient le photoreporter le mieux équipé de son pays. L'Espagne est alors une jeune République. Photojournaliste renommé dans les temps troubles de l’avant-guerre, CENTELLES, face au putsch de l’extrême droite, s’engagea en juillet 1936 dans la défense de l’État démocratique. Mobilisé en 1937 par le Bureau de propagande républicain, il devint l’un des grands iconographes de la résistance. Après la défaite de 1939, comme des milliers d’autres Espagnols, il prit le chemin de l’exil et fut interné dans le camp de réfugiés de Bram, en France, où il continua à exercer son métier avec des moyens extrêmement précaires. Quand il prit la décision de fuir la France occupée et de retourner clandestinement en Espagne, il fut contraint de cacher plusieurs milliers de négatifs dans une maison de Carcassonne pour protéger l’identité de tous ceux qui auraient pu être reconnus par la police fasciste. D’abord clandestin, il se signale aux autorités franquistes (1946) qui lui interdisent d’exercer sa profession de journaliste. Il débute alors une carrière de photographe industriel et publicitaire (1947). Quarante ans plus tard, après la mort de Franco, en 1977,  CENTELLES retourna en France et récupéra ses très nombreuses archives.

Grâce à l’évolution de la technologie (Rolleiflex, Leica et amélioration de la sensibilité des films), cette guerre, est le premier conflit couvert au plus près des combats. On connaît la fameuse sentence de Capa, « si votre photo n'est pas bonne, c'est que vous n'étiez pas assez près ». C’est encore la première guerre où la photographie prend autant de place dans le récit journalistique. Enfin, c’est aussi la première guerre dans laquelle les civils sont un objectif militaire. Pour la photographie et la presse, la conséquence en sera la découverte de la photogénie de la douleur et de son importance dans les dispositifs visant à la mobilisation des sentiments compassionnels du public. Dans ces batailles, au milieu des ruines, naîtront un genre et son mythe, avec ses héros (Capa), ses morts (Taro), son engagement (Chim pour Regards), ses péripéties rocambolesques  (les valises de Capa et CENTELLES). Signe de consécration du photoreporter, son crédit accompagne de plus en plus souvent ses images.

 

Publié dans Septembre 2011

Commenter cet article