Les Parisiens

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

Photographie-Luc-CHOQUER--1-.JPG

 

 

Photographie Luc CHOQUER

Quand les Champs-Élysées se muent en grand jardin, la foule est comme libre, éblouie..., Paris, Mai 2010

 

J’avais toujours voulu photographier Paris, avoue Luc CHOQUER, sans jamais savoir par quel bout la prendre.» Le déclic s’est produit au moment où l’agence Métis, qu’il avait cofondée, a fermé en 2004. Il a fallu tout déménager et le photographe s’est retrouvé avec trente ans d’archives à classer. « Je me suis aperçu alors que, dans les sujets faits pour des magazines, j’avais déjà beaucoup de photos de ma ville et cela ne m’a pas étonné car je l’adore.» Parti de ces archives, il a réalisé, pendant deux ans, un travail qui lui a fait parcourir la capitale de long en large comme s’il était un étranger.

C’est aux Parisiens qu’est tendu un miroir. Le photographe de «Planète France», de «Ruskaïa», de «Portraits de Français» ou des «Vieux» les saisit sur le vif. «Des images, dit-il, qui s’entrechoquent, du métro aux coulisses de la mode, en passant par tout ce qui se cache derrière les murs, la nuit, les extrêmes. Une promenade parfois rude parce qu’il y a des quartiers violents, parfois formidable, parfois trouble. Des rencontres dans un espace où tous les bouts du monde se côtoient –Afrique, Chine... –, où l’Histoire et les histoires se mélangent, où la beauté et les richesses sont toutes proches de la précarité et des révoltes.»

Dans son livre «Les Parisiens», la journaliste écrivain Anna Alter, auteur du texte, souligne: «Promenant son regard singulier derrière le périph, derrière les manifs, derrière les sourires de façade, il entre dans l’intimité des urbains et des coquins. [...] C’est Paris aujourd’hui. Son Paris.» Une des villes, selon lui, les plus difficiles à photographier, à cause du droit à l’image. «Une complicité se crée toujours avant la photo, au niveau du regard, un accord tacite. Mais il y a toujours quelqu’un, quelqu’un d’autre, qui vient taper sur l’épaule: “Vous n’avez pas le droit.” Je répliquais en invoquant le droit au témoignage, le droit à l’information. Au début, j’étais poli, et puis moins. » Avec Luc CHOQUER, la ville retrouve ses lumières et ses ombres. Un hymne à la fraternité et à la diversité, aux «United Colors of Paris».

 

Les Parisiens

Luc CHOQUER

Texte d’Anna Alter

Editions Terre Bleue

Publié dans Novembre 2011

Commenter cet article