Je suis entré avec rien, trente ans de boîte et je sors à poil

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

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Photographie Fred TANNEAU

Trois employés de Chaffoteaux, à Ploufragan (Côtes-d’Armor), posent nus le 18 septembre 2009, pour lutter contre le plan social.

 

Les salariés de Chaffoteaux et Maury, touchés par un plan de 204 licenciements sur 251 salariés, ont créé un « calendrier de lutte ». Certains d'entre eux y posent nus, à la manière des rugbymen du Stade français. Les volontaires ont défilé sous l’œil du photographe François Daniel, qui les suit depuis le début de leur lutte.

Au cours des derniers mois, les Chaffoteaux ont presque tout tenté. Ils ont enregistré une chanson où ils entonnent : «Ils ont vidé notre usine, c’est la révolte qui nous anime.» Puis un photographe de la région les a immortalisés sur des cartes postales, un DVD et sur un calendrier où quinze hommes de l’usine posent nus, à peine cachés par des cartons d’emballage de chaudières. Sous chaque photo, une phrase. «Et maintenant que vais-je faire ?» demande Xavier, trente-deux ans de boîte. «Mon patron m’habille mini», ironise Joël, trente années d’ancienneté. Vendu 7 euros, le calendrier a permis de financer des soirées de soutien, des déplacements à Paris. «On l’a d’abord tiré à 7 000 exemplaires, se souvient Brigitte Coadic, 48 ans, déléguée CGT. Les salariés les vendaient dans leur famille, dans des foires, sur les marchés… Il y a même un centre culturel en Belgique qui nous en a demandé pour faire une expo sur le travail décent.»

Ce moment marquera sans doute la fin, douloureuse, d’une mobilisation inédite. Il ne reste aujourd’hui sur l’ancien site breton qu’une quarantaine de salariés affectés à la recherche et au développement.

 

JULIA PASCUAL

 

Publié dans Avril 2010

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GENEVIEVE ROUPEN 01/05/2010 01:47


très intéressant, vive les luttes ouvrières