Entre ombre et lumière

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

Photographie-Berenice-ABBOTT-A-1-.jpg

 

 

Photographie-Berenice-ABBOTT--B-1-.jpg

 

 

Photographies Berenice ABBOTT

Series Changing New-York, 1935-1939

 

Berenice ABBOTT (17 juillet 1898 - 9 décembre 1991) est une photographe américaine. Venue à Paris au début des années 1920, formée par Man Ray avant d’ouvrir son propre studio, elle entame avec succès une carrière de portraitiste. Une série de portraits d’artistes, écrivains et dramaturges français ou américains en exil, révèle les liens de la photographe avec les milieux d’avant-garde artistiques et intellectuels (Eugène Atget, Marcel Duchamp, James Joyce, Man Ray, Cocteau, Sylvia Beach, Gide, Foujita, Max Ernst, Marie Laurencin...). Son projet le plus connu, Changing New York (1935-1939), réalisé à l’initiative de l’administration américaine dans le contexte de la crise économique qui touchait le pays. Conçue à la fois comme une documentation sur la ville et une œuvre artistique, cette vaste commande gouvernementale montre les changements de la métropole, en saisissant la structure urbaine et les contrastes entre l’ancien et le moderne. Berenice ABBOTT expliquait : « Le rythme de la ville n'est ni celui de l'éternité ni celui du temps qui passe mais de l'instant qui disparaît. C'est ce qui confère à son enregistrement une valeur documentaire autant qu'artistique. » L'essence de la photographie repose sur ce rapport au temps. Le rôle de la photographie est d'enregistrer cet instant qui disparaît que Roland Barthes appellera le ça a été. La photographie dans son rapport au temps fonctionne toujours au passé, comme représentation d'un temps devenu passé. Pourtant les images d'ABBOTT, comme celles de Lewis Hine et d'Eugène Atget ne sont pas seulement nostalgiques : le passé, en arrière, fixé sur photographie, est à sa place. C'est pourquoi aussi la photographie requiert de l'« authenticité »: le ça a été se perd dans la photographie manipulée ou à prétention artistique telle que la pratiquent les pictorialistes. La photographie telle que la conçoit Berenice ABBOTT doit marcher d'elle-même. Débutante elle disait les photos viennent bien. En 1951, elle continue à déranger les photographes intellectualistes en déclarant It has to walk alone. Selon ABBOTT, la photographie ne doit pas chercher à imiter la peinture par des compositions ou des manipulations savantes, elle doit continuer à chercher son essence dans ce rapport à l'instant.

 

Exposition

Berenice ABBOTT (1898-1991), photographies

Jusqu’ au 29 avril 2012

Jeu de Paume

1 place de la Concorde

75008 Paris

 

Publié dans Février 2012

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article