Asado en Mendiolaza

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

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Photographie Marcos LOPEZ

Asado en Mendiolaza, Cordoba, Argentine, 2001

 

La plus connue des photos de l'argentin Marcos LOPEZ est née d'une grillade, où il y a beaucoup de bière, quelques bouteilles de vin et même une carafe. Le cabri a été payé par López lui-même. Les amis, artistes et sculpteurs, sont ses invités. Le pré a été prêté par un ami de Córdoba. Et l'idée est de recréer l'oeuvre de Leonard de Vinci. LOPEZ a photographié sa "Cène" mais à l'argentine. Une version où "Jésus", torse nu, coupe la viande et les "apôtres" sont habillés de maillots de football des équipes de Córdoba (Belgrano et Talleres) et évidemment, l'inévitable maillot bleu ciel et blanc. "Je crois que mon oeuvre "Asado en Mendiolaza" (...) me correspond beaucoup. C'est une mise en scène mais au même temps un documentaire. Les hommes comme bêtes carnivores et en même temps comme enfants. La tendresse du Christ, les éléments picturaux se mélangent avec le langage propre à la photo, des éléments théâtraux et des codes propres à la publicité". Cette oeuvre a été achetée pour intégrer des collections permanentes du Musée Reina Sofía de Madrid, et du MUSAC, Museo de Arte Contemporáneo de Castilla y León Mártir (Buenos Aires - Argentine)

 

Dans ces photos il explore et critique la société argentine contemporaine. En évoquant l'esthétique de l'Art pop, LOPEZ fait un portrait subtil de ses personnages et leur donne une valeur iconographique en utilisant des images populaires comme toile de fond. "J'aime que mes photos aient une empreinte caractéristique de l'identité sud-américaine et montrent la trame du sous-développement. En quelque sorte je me sens un essayiste de la réalité"

 

"Les photographies de Marcos LOPEZ ont la particularité d'être comme des radiographies de l'époque. Elles n'enregistrent pas l'instant mais récréent l'ambiance du monde dans lequel on vit. Le langage visuel ne désigne pas ce qu'il montre mais déplace le sens dans la manière d'associer des éléments qui semblent n'avoir aucune relation entre eux. L'étrangeté de ses photos résulte justement de cette ambiguïté. Elles ont une attraction inquiétante qui fait que le spectateur ne peut s'empêcher de les regarder. La singularité de ses oeuvres est liée à l'absurde des situations qui, cependant, renvoient à la perception du vécu, vu ou rêvé -vécu dans la publicité, vu dans la réalité, rêvé dans l'histoire.

Publié dans Février 2010

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