Iwo Jima

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick


Photographie Joe ROSENTHAL

Île d’Iwo Jima 23 février 1945

 

Le matin du 19 février 1945, 30 000 soldats Américains du 5e corps amphibie de la 5e flotte débarquent sur l'île d’Iwo Jima.

Or, en dépit des tonnes d'explosifs tombées sur l'île depuis deux mois et demi, la capacité de résistance japonaise reste intacte : les Japonais ont en effet creusé dans le tuf volcanique un réseau défensif inextricable de souterrains et de postes de tir masqués. Les Marines à l'assaut d'Iwo Jima doivent livrer un combat d'une extrême violence et qui durera quatre semaines ininterrompues avant qu'ils ne puissent réduire les ultimes bastions de résistance Après avoir subit de lourdes pertes.

Il n'est pas utile de relater ici l'âpreté de cette longue bataille sur un territoire de quelques kilomètres carrés. Au total, 70 000 soldats américains ont été débarqués sur Iwo Jima. Plus de 6 800 d'entre eux n'en reviendront pas. Quant aux Japonais et travailleurs coréens civils d'Iwo Jima, 23 000 environ, très peu d’entre eux survécurent. Même terrés à l'abri dans les tunnels ou les grottes, ils disparurent pour la plupart. Les Américains durent recourir à l'emploi systématique de lance-flammes et à des bulldozers blindés pour boucher tout orifice apparent, condamnant leurs adversaires à mourir brûlés vifs, ou enterrés vivants.

Au matin du quatrième jour de combat, le 23 février 1945, le sommet volcanique du Suribachi est occupé par un groupe de reconnaissance d'une quarantaine d'hommes qui appartiennent au 28e régiment de Marines. Ils rejoignent cinq hommes parvenus au sommet dans la nuit. Après avoir éliminé une vingtaine de défenseurs japonais, les Américains s'avisent de récupérer le long tuyau d'une citerne destinée à recueillir les eaux de pluie et de l'utiliser comme hampe pour hisser le pavillon américain au sommet du volcan. Ils y attachent un drapeau étoilé de taille modeste (130 cm sur 70 cm environ), emprunté au navire qui les avait transportés vers l'île.

Il est 10 h 30 et un photographe militaire est présent pour fixer la scène, le sergent Lou Lowery, 25 ans, affecté à Leatherneck, la publication officielle du Marine Corps.

La photo obtenue est sobre, même franchement statique.

 

Un peu plus tard, Joe ROSENTHAL reporter-photographe de Associated Press, un civil donc, affecté comme correspondant de guerre à la 5e division de Marines, entame la pénible ascension du mont, accompagné de deux Marines armés. A mi-chemin, ils croisent quatre fusiliers qui redescendent. Parmi eux, le photographe Lou Lowery, qui leur indique avoir photographié le lever des couleurs au sommet.

Parvenus un peu avant midi au sommet, ils découvrent un groupe d'hommes en train de manipuler un long tuyau métallique, et un autre qui tient un drapeau soigneusement plié. Ils apprennent qu'ils sont sur le point de remplacer le premier pavillon par un autre de plus grande taille (2,50 m sur 1,40 m).

ROSENTHAL prend un peu de recul, une dizaine de mètres, empile quelques rochers et un sac de sable japonais pour gagner un demi-mètre en hauteur afin de mieux cadrer sa photo, et met en scène 6 marines pour le plantage du second drapeau.

C’est forcément cette photo à la dynamique bien plus forte, celle d’un photographe de l’ Associated Press, une agence de presse puissante, qui sera la première publiée et choisie pour être le symbole de la prise d’Iwo Jima.

Publié dans Septembre 2009

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