Hauteville House

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick


Hauteville House - Maison d'exil de Victor Hugo -

En 1851, le poète proscrit quitte la France pour un exil
de dix-neuf ans.

 

Le 16 mai 1856, grâce au succès des Contemplations, il achète à Guernesey Hauteville House, grande maison blanche avec jardin surplombant l’océan. Passionné de brocante et doué d’une imagination débordante, Victor Hugo qui rapporte de ses excursions dans l’île une profusion de bahuts et de coffres, de faïences et d’objets (figurines, miroirs, tapis…) orchestre pendant de longs mois d’importants travaux d’aménagement intérieur d’inspiration médiévale qui confèrent à ce lieu unique force et mystère. Il y vit jusqu’à son retour en France en 1870, après la chute du Second Empire et y fait ensuite quelques séjours (un an en 1872 – 1873, une semaine en 1875, quatre mois en 1878). C’est là qu’il signe quelques-uns de ses chefs d’œuvre : La Légende des Siècles, Les Misérables, William Shakespeare, Les Chansons des rues et des bois, Les Travailleurs de la mer, L’Homme qui rit…

 

Une maison pour Victor Hugo, se devait d'avoir un jardin, sans doute par nostalgie de celui des Feuillantines de son enfance. Il accorda beaucoup de soin à celui d'Hauteville. Il aimait s'y retrouver en famille, de nombreuses photographies en témoignent. Il lui consacra un poème qui ne fut publié qu'après sa mort, dans le recueil "Dernière Gerbe" :

 

"Dans le gazon qu'au sud abrite un vert rideau,

On voit, des deux côtés d'une humble flaque d'eau

Où nagent des poissons d'or et de chyroprase,

Deux aloès qui font très bien dans une phrase ;

Le bassin luit dans l'herbe, et semble, à ciel ouvert,

Un miroir de cristal bordé de velours vert ;

Un lierre maigre y rate un effet de broussailles ;

Et, bric à brac venu d'Anet ou de Versailles,

Pris à l'antre galant de quelques nymphe Echo,

Un vase en terre cuite, en style rococo,

Dans l'eau qui tremble avec de confuses cadences,

Mire les deux serpents qui lui tiennent lieu d'anses,

Et qui, jadis, voyaient danser dans leur réduit

Les marquises le jour, les dryades la nuit."

 

Publié dans Avril 2009

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