Les vacances de monsieur Hulot

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick


Plage de Mr hulot 

C'est la plage de Saint-Marc sur mer (44), elle est juste dans le bourg. Entre juillet et octobre 1952, le cinéaste Jacques Tati installe ses caméras sur cette plage pour y tourner "les vacances de Mr Hulot". L'hôtel de la plage est toujours là .En 1997, la ville de Saint-Nazaire a rendu hommage à Jacques Tati en y édifiant une statue sur les lieu du tournage. Depuis cette date, la grande silhouette de Mr Hulot est désormais penchée par-dessus une balustrade et scrute l'horizon. La pipe de Mr Hulot a été volée le lendemain de l'installation de la statue.

LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT

Au volant de sa vieille voiture, monsieur Hulot débarque dans une paisible station balnéaire bretonne. A peine passée la porte de l'Hôtel de la Plage, où séjournent la plupart des vacanciers du coin, il accumule catastrophe sur catastrophe. Car monsieur Hulot, malgré ses bonnes intentions, est un incorrigible maladroit. Ce qui va semer un désordre inouï parmi les clients de l'hôtel, eux qui ne demandent qu'à goûter un peu de tranquillité. Seule une vieille dame anglaise – sans doute indigne – semble apprécier cet hurluberlu pas comme les autres…

Pierrot lunaire en goguette
Après le succès de Jour de fête, Tati n'a pas voulu poursuivre les aventures de François le facteur – malgré les nombreuses propositions des producteurs. C'est qu'il songeait déjà à lui substituer le personnage de monsieur Hulot, ce grand bonhomme lunaire et dégingandé qui semble débarquer d'une autre planète. Avec Les Vacances de monsieur Hulot, le cinéaste bouscule les conventions de la comédie à la française, en orchestrant une suite de sketchs irrésistibles, à la fois tendres et gentiment moqueurs : chaque nouvelle situation – l'épisode du tennis, de l'enterrement, du ping-pong ou du canoë – laisse entrevoir un univers particulier, cocasse et émouvant, tandis que, déjà, Tati est passé à autre chose. Redoutable observateur de ses contemporains, il capte sur la pellicule, l'air de rien, la gravité médiocre de ces vacanciers qui ne veulent surtout pas être dérangés dans la tiède monotonie des jours qui passent.
Du coup, Hulot, ce merveilleux empêcheur de s'ennuyer en rond, est forcément rejeté. Influencé par le cinéma muet, le réalisateur réduit les dialogues au minimum, leur préférant gestes expressifs et mimiques. D'ailleurs, les mots n'ont plus de sens : le haut-parleur nasillard de la gare est incompréhensible, les clients du restaurant ne profèrent que des banalités qui n'intéressent personne, les cours de la bourse se déversent sur des enfants qui s'en moquent, les propos des uns recouvrent ceux des autres etc.
Pourtant, tout en se souvenant de Chaplin et de Keaton, Tati annonce la modernité de la Nouvelle Vague par la liberté de son écriture cinématographique : scénario sans véritable progression dramatique, étude du comportement, utilisation originale du son, dialogues escamotés et direction d'acteurs non professionnels – autant de procédés qui marqueront Godard, Truffaut et les autres. Il n'en reste pas moins que ce film, vieux d'un demi-siècle, reste avant tout une merveilleuse comédie qui continue d'influencer les cinéastes d'aujourd'hui. A l'image de Bruno Podalydès et de son rafraîchissant
Liberté-Oléron.

Franck Garbaz

Publié dans Avril 2009

Commenter cet article

AU35 24/06/2013 23:19

Etonné de retrouver cette photo que j'ai prise en juillet 2008.
http://www.flickr.com/photos/au35/2732296227/in/photostream/

revelise 18/04/2009 10:13

Superbe article, j'avais visité cette plage, puisque une amie habite dans le coin. Je vais l'inviter à lire votre article. Je vous souhaite de bonnes vacances à bientôt bisous vero