J’aime par-dessus tout aller où je n’ai jamais été

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick

Une jeune famille à Brooklyn, New York 1966
Photographie Diane ARBUS
Née à New York, le 14 mai 1923
Décédée à New York, le 26 juillet 1971



“L’appareil photo a le pouvoir de saisir les gens dits normaux de telle façon qu’ils apparaissent anormaux.”, Susan Sontag, Sur la photographie.
Il nous est tous arrivé sans exception, un jour ou l’autre, de tomber sur une photo de soi où l’on apparaît vraiment moche, objectivement laid. “Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi ai-je fais cette tête là ? Ai-je l’air aussi bête tout le temps ?” Non, probablement pas, mais ça nous arrive le temps d’une demi seconde. Il s’agit bien du pouvoir qu’a la photo de faire apparaître la réalité dans sa pire vérité. Personne ne vous a vu, personne n’aurait pu, c’était l’histoire d’un deux cent cinquantième de seconde. Oui, personne, sauf l’appareil photo.
Le cinéma accorde beaucoup d’importance au montage, la photographie n’en accorde pas assez au choix qu’opère le photographe. Diane ARBUS est un bon exemple : elle ne s’attache qu’à montrer le “pire”, qu’il s’agisse de nudistes, de transsexuels, de nains, de géants, d’attardés, de manifestants… tout le monde est sur un pied d’égalité, mais pour l’unique raison qu’elle le choisit.
Le choix des images, c’est la liberté du photographe de se défaire de la réalité. Le photographe est interprète et non traducteur.

Publié dans Avril 2009

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revelise 09/04/2009 23:14

J'aime beaucoup vos articles. Je vais vous mettre dans mes liens sur mon blog revelise, j'ai énormément de visites et comme ça peut être les gens vont être curieux pour venir vous voir. Bisous Veronique