La photographe des mers

Publié le par BERTRAND BAINSON Patrick


Madeleine et Simone, Boyarville - Ile d'Oleron - 1920
Photographie Anita CONTI

Né le 17 mai 1899, les premières photographies d'Anita CONTI datent de 1917. Alors installée avec sa famille sur l'Ile d'Oleron, depuis 1914, ses premières prises de vue fixent sur la pellicule des photos de famille et déjà des navires, bien sûr des navires : à quai, échoués sur la grève, prenant l'océan...

A partir des année 1930, en mission pour l'Office Scientifique et tecnique des Pêches Maritimes, elle sillonne les mers froides à bord du navire océanographique Président Théodore Tisser, de chalutiers, ou encore de dragueurs de mines pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle embarque pour les mers chaudes sur des chalutiers français puis sur les pirogues de pêcheurs guinéens.

Elle emporte dans ses valises des carnets de notes et ses appareils photographiques. Les négatifs révèlent sa soif d'océan, son désir de tout connaître : faune, ressources, techniques de pêche et de conservation, vie des marins, effervescence des ports (Concarneau, Dieppe, Dakar, Conakry...)

Anita CONTI s'est peu exprimée sur ses clichés. A notre connaissance, seule l'avant-propos de son ouvrage Géants des mers chaudes évoque ses travaux photographiques où elle formule un souhait :

" Je crois sentir l'odeur de la peau des squales... J'endends gronder le déferlement des vagues... mes yeux se ferment devant le soleil qui chauffe comme un infernal projecteur... Et j'ose formuler un souhait : je voudrais que ces images soient comme je les revois moi-même.
Chacun de nous conserve en soi des impressions visuelles qui rappellent des sensations physiques : soleil, vent, tempête, océan, lumière, peuvent se traduire par chaleur, mouvement, lutte, ivresse, plaisir ; et aussi bien par angoisse, douleur... ainsi, chacun de nous réanime des images suivant la richesse intérieure de ses souvenirs.
Et je songe au lecteur idéal, celui que j'ignorerai peut-être toujours ; je pense à une amie inconnue ; je souhaite qu'ils veuillent, eux aussi, revivre avec moi quelques instants de leur vie la plus intense"
Anita CONTI 1957

Elle s'éteint à Douarnenez dans la nuit de tempête du 24 au 25 décembre 1997.

"Percer l'épaisseur des océans, c'est embrasser l'âme des fluides, des bêtes et des hommes."
Anita CONTI

Publié dans Mars 2009

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